Kotor, Tivat et retour à Paris – Monténégro

Voici le récit du huitième et dernier jour de mon voyage Albanie. Retrouvez les autres jours ici.

JB

Lundi 8 septembre – Jour 8

Bon ben voilà.

C’est donc le dernier jour.

On se lève plutôt tard, trop tard pour fouler la plage de Becici, rangeons fissa nos affaires et reprenons la direction de Kotor, pour voir la ville de jour, et accessoirement prendre notre petit-déjeuner.

Le trafic n’est sensiblement pas le même en journée que de nuit….nos grisantes pérégrinations de la veille ne sont qu’un souvenir, là ça bouchonne à fond.

Pour absorber la circulation le réseau routier semble un peu mince

Et on galère pour se garer.

Kotor Montenegro

Du coup la re-visite de Kotor se fait au pas de course.

On gambade du bord des remparts, aux tréfonds des petites ruelles, se promettant l’ascension de la citadelle pour un prochain voyage. Avec, à la clé, la vue sur la magnifique baie, qui pourrait rivaliser sans soucis avec les plus beaux fjords norvégiens (pas sûr que j’arrive à en convaincre Hélo cela dit).

Kotor Montenegro

Petit café en terrasse à deux pas des portes de la vieille ville. Calés au soleil, on flaquerait bien là quelques temps…

Mais l’heure de mon vol approche : direction Tivat.

Ville qui sous Tito ne vivait que par sa base et son chantier navals, désormais paradis des nantis, que le pays cherche à attirer en masse. Kotor n’était finalement qu’un très mince aperçu de la tendance.

Tivat ou le symbole de la politique touristique controversée des autorités monténégrines : tout miser sur le tourisme de luxe, au risque de défigurer le littoral, et favoriser la captation du patrimoine par des entités privées.

Tivat Montenegro

Des immeubles flambants neufs partout, des chantiers qui en promettent d’autres, des boutiques au moindre coin de rue et une marina, bien garnie de bateaux immaculés. Moins colossaux que ceux de la veille toutefois.

Normal les titans se trouvent à quelques encablures de là, dans une marina king-size, celle de Porto-Montenegro, bâtie sur les ruines du chantier naval tombé en désuétude à la dissolution de la Yougoslavie.

Le but de l’investisseur canadien à la tête du projet ? Transformer Tivat en Monaco de l’adriatique, attirer les propriétaires de mega-yacht luxueux, en leur proposant l’emplacement et tous les services visant à l’assouvissement de leurs caprices d’ultra-riches (inutile de dire que le cahier des charges environnemental a été suivi scrupuleusement, et qu’aucune forme de corruption n’a été décelée dans l’affaire…).

L’Albanie semble bien loin… Et la côte d’azur, effectivement, toute proche, les tarifs sont déjà alignés dessus en tout cas.

On déjeune rapidement dans un resto un peu chic (mais ils ont l’air de l’être tous) qui donne directement sur les pontons du port de plaisance.

Tivat Montenegro

A peine le temps de profiter du cadre, quand même pas dégueu, que me voilà déposé par Seb devant l’aéroport.

Séparation un peu brutale, mais l’horloge tourne, et il doit se coltiner toute la route du retour jusqu’à Paris….où l’on se retrouve demain soir.

Un mauvais concours de circonstance a abouti à cette situation ridicule : j’avais déjà réservé mon billet, forcément non annulable, quand Seb a changé ses plans, et la perspective de rentrer un jour plus tard me vaudrait quelques grognements de la part d’Hélo.

Donc même point d’arrivée, chemins différents.

Pour lui la côte croate, Split, 10h de ferry jusqu’à Ancône, puis la route vers la capitale… Pour moi le confort de l’avion, et une mini correspondance à Belgrade.

L’aéroport de Tivat est en fait un aérodrome amélioré. J’ai du temps à perdre en attendant mon vol, mais pas grand-chose à y faire, on fait le tour de l’endroit en 2 minutes, heureusement le saint-wifi me permet de chatter avec ma douce.

J’ai l’impression d’être le seul non-russe dans le coin, et le seul pingre à ne rien acheter au duty free, où les tarifs sont une plaisanterie (faisant passer celui de Roissy pour un temple du low-cost).

Aéroport de Tivat Montenegro

L’avion ayant du retard, sans doute pour désengorger l’aérogare, on nous parque dans un enclos sur le tarmac. Comme du bétail. On me l’avait jamais faite celle-là. Une métaphore de la gestion du tourisme de masse par les autorités locales ?

J’espère au moins que la procédure n’est pas la même les jours de pluie.

Au final on grimpe dans le zinc ¼ d’heure à la bourre, pas grand-chose, mais il en fallait pas plus, ma correspondance à Belgrade n’étant que de 45 minutes. Mes 2 vols étant assurés par Air Serbia, le risque était sans doute limité, mais autant s’éviter du stress.

L’avion est confortable, le service nickel. Ethiad, qui a racheté la compagnie nationale serbe pour faire de Belgrade son hub en Europe, a fait le job.

La flotte est neuve, et de nouvelles destinations ouvrent régulièrement, notamment un Belgrade-Tirana prévu pour débuter un mois après mon départ.

Armel me disait quelques jours avant qu’une telle liaison aérienne ne verrait jamais le jour, politique oblige…apparemment il s’est bien planté.

Indice d’un rapprochement inexorable entre les deux pays ?

Les tensions sont encore bien présentes pourtant, et des petits malins les attisent à coup de drone

Le survol de la côte donne lieu à des images magnifiques, puis on pénètre dans les terres et le brouillard.

Tivat Montenegro

Depuis mon hublot j’aperçois les maisons sur pilotis qui jalonnent le Danube avant l’atterrissage à Belgrade la blanche, dont je ne verrai que les couloirs de l’aéroport Nikola Tesla, au pas de course.

Région de Belgrade Serbie

A peine arrivé on me dirige vers le terminal où l’embarquement est en cours, je dois repasser les contrôles de sécurité, peux curieusement conserver ma bouteille de flotte, et serre un peu les fesses en imaginant la tronche qu’un douanier bougon tirerait à la découverte du drapeau albanais XXL qui traîne dans mon sac.

Aéroport de Belgrade Serbie

Ensuite dans la file d’attente avant l’embarquement je me retrouve spectateur contraint d’une pièce médiocre de la comédie humaine : des connards compatriotes fort pressés débarquent, et, du haut d’une arrogance que les pires stéréotypes ne prêteraient pas à notre peuple, font tout un pataquès pour passer devant tout le monde, arguant d’un passe-droit, et du risque de manquer leur vol.

Oui, le même et seul vol pour lequel l’ensemble des voyageurs ici présent patiente en ce moment même….Quitte à gruger, n’ayons pas peur du ridicule.

Et rajoutons une bonne couche sur la déjà pas terrible réputation des français en vacances, ça ne mange pas de pain, hein.

Dans la queue, ça a le don d’énerver un vieux serbe aux airs de parrain de la pègre, et de susciter une vive altercation entre les deux parties, mais les VIP de pacotille auront finalement gain de cause (sans même prendre l’épaisse main de leur détracteur dans la gueule, ce qui, bien qu’excessif, n’aurait pas été immérité).

Mais loi du karma oblige, on retrouvera avec plaisir nos passagers prioritaires bloqués devant la porte d’embarquement, en attendant que leur sort soit réglé (voyager en GP n’offre pas que des avantages…) laissant repasser tout le monde devant eux, dont le vieux serbe hilare et un brin chambreur.

Une fois en l’air, le vol se passe sans encombre, et le repas servi est plutôt consistant pour un vol court.

Une fois au sol on retrouve les tracasseries coutumières lorsqu’il s’agit de sortir de Roissy, pour qui n’a pas envie de raquer le coût d’un taxi.

Je n’aime pas tirer sur les ambulances, et de gros efforts ont été faits dans l’aéroport en matière de lisibilité de l’information (concernant l’endroit où récupérer ses bagages, les différents moyens de transport pour quitter l’endroit…), mais la transparence c’est bien à condition que l’organisation suive.

Donc, mes bagages récupérés, je trouve sans problème mon arrêt de bus, attends une demi-heure comme un clampin l’engin sensé passer toutes les 10 minutes, saute dans le premier qui se présente à moi, me retrouve transporté dans la gare de triage parce qu’en fait désolé c’est la fin du service, doit prendre un autre bus, pour me retaper le tour de tous les terminaux avant de faire route vers paris.

Dans d’autre circonstance ça aurait pu me les briser, mais il fait doux, le ciel est dégagé, et toutes les images récoltées pendant mon voyage trottent déjà dans ma tête.

Et puis je n’ai pas une journée et demie de route en solitaire à me taper, comme Seb au moment même….

Je retrouve enfin mes deux chéries plus de deux heures après l’atterrissage, heureux comme Ulysse, qui a fait un beau voyage, puis est rentré se caler les miches à la kasbah. Pour mieux rêver à une prochaine destination…

 

 

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