Départ pour la Laponie Finlandaise !

Voici le récit du premier jour de notre voyage en Laponie Finlandaise. Retrouvez les autres jours ici.

Samedi 7 février 2015 – Jour 1

Hélo

Classique acheminement vers Paris Charles de Gaulle : métro et Roissy Bus. Le Roissy Bus démarre quand on y arrive. Le chauffeur hésite, puis comme on s’est regardés dans les yeux, il s’arrête et nous fait monter, l’air un peu saoulé, mais sympa quand même de nous avoir pris 🙂

Une fois n’est pas coutume, nous ne partons pas du Terminal 1, mais du 2D. En salle d’embarquement : un babyfoot et un piano. C’est agréable, d’autant plus que certains en jouent vraiment bien (du piano, pas du baby hein 😉 ).

Notre avion arrive. On vole sur Finnair, la compagnie nationale Finlandaise dont certains avions sont aux couleurs du Père Noël (elle se dit compagnie officielle du Père Noël), ou encore de Marimekko. Pour nous ce sera un Airbus A321 Père Noël… Quand Elina va savoir ça… Elle est en vacances au Havre chez mes parents en ce moment.

Avion Finnair Père Noël

Bref, on embarque, et c’est parti pour Helsinki où on va avoir pas mal d’attente.

On se pose à 14h50 et on fait quelques provisions de pâtisseries, etc. à l’épicerie Alepa du hall des arrivées. Puis au s’installe au Starbucks où mon amie Päivi, Bosse et leur petite Lilli de 10 semaines nous rejoignent. Nous sommes ravis de faire connaissance avec la jolie Lilli, une future bonne copine pour Elina !

19h, voici venue l’heure des aurevoirs. On sait qu’on se reverra, mais où et quand ?

Il n’y a plus grand monde dans l’aéroport à cette heure-ci, les contrôles de sécurité se font rapidement et nous voilà à attendre notre vol pour Kittilä.

Kittilä

L’avion est plein à craquer (et blindé de français). C’est encore un A321. On est au dernier rang… J’aime pas : je sais que ça va secouer. Et ça secoue sacrément au décollage, en effet !

Lonkero

On traverse la Finlande du Sud au Nord en peu temps (820 kilomètres entre Helsinki et Kittilä). Je guette les aurores boréales à la fenêtre, mais rien.

A 21h50, on se pose sur le tarmac enneigé de Kittilä. Il ne fait pas froid du tout. Mais avec les températures, tout est relatif.

Aéroport Kittilä Finlande

L’hystérie au tapis à bagages. Les gens sont agglutinés au bord, comme fous, au bord de la crise de nerf, à guetter leurs valises. Du coup on ne voit plus rien. Nos valises arrivent après la bataille. On est cernés par des français.

Aéroport Kittilä Finlande

JB a peur qu’il y ait foule chez le loueur de voiture, mais ce ne sera pas le cas : tous ces gens bizarres filent en groupes dans leurs cars respectifs. Nous sommes les seuls à louer une voiture !

On s’installe dans notre rutilante Ford Fiesta et c’est parti pour les quinze kilomètres qui nous séparent de notre chalet à Levi. Il est 22h30, on a hâte d’arriver !

Quelques kilomètres à peine après avoir quitté l’aéroport, je trouve une lueur dans le ciel sacrément intrigante… C’est une aurore boréale ! Pas forte, mais c’en est une ! On s’arrête sur le premier parking venu. Mon matos photo n’est pas prêt du tout, c’est la panique. De toutes façons, un gros nuage recouvre tout à peu près vingt secondes après qu’on se soit garés alors tant pis. Nuage qui nous suivra jusqu’à Levi.

Levi, touristique Levi. Même de nuit en arrivant comme ça rapidement, on sait que cet endroit n’est pas fait pour nous. C’est une station de ski/usine à touristes. Mais comme on arrivait tard, on ne voulait pas dormir trop loin, et on a trouvé un super appart pour vraiment pas cher à Levilehto Apartments. Six couchages, un sauna, une cuisine toute équipée, le tout pour 70 euros. On se pose et on se motive pour sortir faire un tour.

On s’équipe. C’est la tempête de neige dehors.

Levi Laponie Finlande

Je crains pour mon reflex alors je rentre pendant que JB se balade un petit peu.

J’admire la tempête et les impressionnantes bourrasques de neige depuis la fenêtre du salon.

Levi Laponie Finlande

Je jette un œil au thermomètre : -15°C, ah oui quand même !

JB rentre et on se couche vers minuit, on est claqués, debouts depuis 6h du mat.

JB

La première journée d’un voyage se déroule souvent sous les signes des halls d’attente, et de la contemplation par hublot interposé.

On ne déroge pas à la règle, et pour cause, entre les temps d’acheminement, d’embarquement, de vol, de transfert, on quittera l’appartement à 7h00 pour ne passer la porte de l’aéroport de Kittila qu’à… 21h50.

Vivement la téléportation ?

Peut-être pas, on se priverait de quelques menus plaisirs, simplement pour occulter quelques autres désagréments.

Le plaisir se laisser porter par le Roissy Bus au petit matin, fonçant dans la pénombre régulièrement brisée par la lumière des lampadaires, à une vitesse que je trouve toujours un peu excessive pour un transport collectif.

Le plaisir, une fois le décollage achevé de me faire broyer la main par Hélo qui stresse, d’admirer la plaine entourant Roissy sous son vrai jour, un grand espace rural ensemencé de myriades de petits villages, et non le grand enfer urbanisé qu’on l’imagine depuis la vue du périphérique.

Celui d’observer les voyageurs dans l’aérogare, et d’essayer imaginer leur destination, en se basant sur leur accoutrement, leur bobine…

Bref je bavasse.

On part donc vers le vrai nord, la Laponie, version finlandaise, plus précisément dans la région du « bras » (zieutez la carte du pays, vous comprendrez). Aux alentours d’Enontekkio, à quelques encablures des frontières suédoises et norvégiennes.

Il fait bien froid sur Paris à notre départ, mais avec nos couches de vêtements qui permettront de braver (supposément) les -30°, t’inquiètes on est parés.

Niveau look on repassera en revanche, hein : superposition de sous-vêtements thermolactyls, de pulls, de vêtements de ski. Paye ta classe.

Le quidam qui, de visu, cherchera à deviner notre destination aura quelques indices, lui.

Helsinki

C’est la compagnie Finnair qui sera chargée de nous acheminer à destination. Un peu pingres sur la bouffe, les pratiques lowcost faisant apparemment de plus en plus d’émules, il faut raquer pour manger. Mais entre le jus de myrtille (plutôt bon, et gratuit, lui), les serviettes et gobelets désignés par Marimekko et le Père Noël dessiné sur la carlingue, on entame déjà notre immersion finlandaise.

Arrivée Helsinki

Trajet sans histoire, descente sur Helsinki enneigée, où il fait paradoxalement meilleur que sur Paris. Et les couches et surcouches de notre tenue d’être un peu superflues, du coup. Et nous l’air un peu bête. Mais si l’on commence à vouloir se changer on va y passer toute l’escale (bon… j’exagère un peu, cinq heures nous séparent du décollage vers Kittila) or nous avons autre chose de prévu.

En effet, des amis finlandais ont proposé de nous rejoindre pour prendre un café et nous présenter leur bébé, ça sera plus sympa que d’errer dans les travées de Vantaa.

On quitte l’espace international et achetons quelques pâtisseries et snacks (dont les inévitables pirogues de Carélie pour le petit déjeuner du lendemain). En Finlande dans toute bonne épicerie ou supermarché qui se respecte trône un rayon libre-service où l’on trouve des pâtisseries salées et sucrées préparées le jour même, un bon moyen de grignoter pour pas cher, certes un peu grassement. Pour affronter le froid, il faut ce qu’il faut.

Ensuite on s’installe au Starbucks du coin, enchaînant café et chaï (avec toute cette caféine/théine je vais faire des bonds de cabri ce soir) avant que Païvi, Bosse et leur petite Lilli nous rejoignent.

C’est super sympa de les revoir, même entre deux avions.

On papote un bout de temps, leur petite pionçant fermement (profitez les amis, ça ne durera pas…). Hélo discute avec Païvi, moi avec Bosse, la conversation part dans un peu tous les sens, avec pour point commun la comparaison entre nos pays respectifs, à travers différents aspects, dont le foot, la bouffe et la musique font fatalement partie.

Quand on quitte nos amis et leur petite qui s’éveille, on a à peine vu le temps passer… Et la nuit nous est tombée dessus depuis longtemps.

Une fois les contrôles de sécurité passés, on s’attend à trouver un hall d’embarquement clairsemé, comme l’année dernière avant de rejoindre le Troms. Après tout, niveau affluence, la Laponie en hiver c’est pas non plus Djerba en été. Et bien on se trompe lourdement : c’est ultra blindé.

Il faut dire qu’avec Rovaniemi, Kittila est l’une des principales destinations de voyages organisés en Laponie, la station de Levi toute proche proposant un tas d’activités sportives hivernales et d’excursions. On suppose qu’une grande partie des gens qui emplissent l’avion partent dans ce contexte. Et qu’une fois le point focal de l’attroupement touristique passé, on sera peinards (vu que retrouver l’ambiance Alpe d’Huez en haute-saison n’est pas spécialement le but de ce voyage).

Aéroport Helsinki Finlande

Le vol est court, on atterrit sur le tarmac, gagnons à pied le hall, entre temps c’est festival de selfies et de sourires béats sous la neige, l’arrivée en Laponie semble susciter le même émerveillement qu’un paquet au pied du sapin.

Après tout nous débarquons au pays du Père Noël.

Kittilä Finlande

Pour récupérer les bagages en revanche, changement d’ambiance, ça joue des coudes, les gens s’agglutinent comme des buses au plus près des tapis, afin de verrouiller l’emplacement qui leur octroiera l’ultime privilège de pouvoir récupérer leurs valises avant les autres. L’esprit de Noël a fait long feu…

On attend à l’écart, de toute façon nos effets personnels arriveront en dernier.

Aéroport Kittilä Finlande

Mais du coup, pour la suite j’envisage avec effroi le temps qu’on passera à récupérer la voiture de location… Sauf qu’un tas de pancartes de tours-opérateurs fleurissent à la sortie de l’aérogare, confirmant nos suppositions sur les voyages de groupe.

D’un mouvement, les gens s’éparpillent pour s’entasser dans des bus. Nous nous retrouvons seuls dans le hall.

Forcément ça abrège quelque peu l’attente au comptoir du loueur.

Les consignes comprises (notamment celles sur la prise électrique à brancher sur l’engin pour éviter que le carburant ne gèle pendant la nuit) on récupère notre carrosse fissa, et voguons vers notre destination d’étape, la fameuse Levi.

On ne voit pas grand-chose sur la route, si ce n’est de la neige, mais les 17 kilomètres sont vite torchés.

A peine troublés par un arrêt pour admirer fugacement une aurore boréale pointant le bout de son nez avant de disparaître aussitôt. Mise en bouche.

Levi, principale station de sports d’hiver en Finlande ne culmine qu’à 531 mètres. Pas besoin, d’aller haut pour trouver de la poudreuse par ici.

Le bled a un côté superficiel, chalets de type alpins dont on s’interroge sur le lien avec l’architecture traditionnelle locale, enseignes lumineuses à tout va, lumières criardes (mais aucune synagogue ni épicerie casher, haha).

C’est pas plus mal qu’on ne s’y éternise pas.

Les clés récupérées, on prend possession de notre appart, où l’on peut entasser six personnes verticalement, dans le style caractéristique des logements en station de ski. On branche la voiture, histoire de ne employer la méthode russe pour la redémarrer demain, et dînons de bouffe déshydratée (Bolino Bolino…).

Bon, il est temps de sortir contempler le ciel, on pointe le nez dehors… Pour nous manger une mini-tempête de neige

On songe à prendre la voiture, mais au vu des éléments faut se rendre à l’évidence : pas d’aurore au menu pour nous ce soir.

Têtu comme un gnou, je pars quand même me balader à pied. Dehors c’est un enchevêtrement d’allées enneigées, la voie piétonne jouxtant la route, croisant les pistes de ski de fond et les pistes de motoneige. La motoneige reine, je croise un paquet de magasins en proposant la location, au moins aussi nombreux que les loueurs de quad et de scooters à Mykonos.

J’évolue péniblement dans les rues silencieuses, seule âme à braver les éléments dans une ville figée par le froid. J’élabore des scénarios nanardesques, où je serais un survivant dans une nouvelle ère glaciaire post-cataclysmique…

Levi Laponie Finlande

Levi Laponie Finlande

Mais la réalité me rattrape brutalement, personnifiée par une troupe de joyeux drilles en virée nocturne (Levi est assez populaire pour les winter-breaks), s’ébranlant difficilement vers la boite de nuit ou le bar qui les accueillera.

Il est près de minuit, malgré le vent et la neige, la vie suit son cours, et des étudiants vont faire la fête comme partout ailleurs, l’envie d’une bonne biture n’étant jamais freinée par les éléments.

« Je m’en irais dormir dans le paradis blaaaaaanc » chantonne Michel Berger dans ma tête « mais finalement je vais plutôt rentrer me pieuter » lui réponds-je. Donc acte.

Jour suivant : Au cœur des paysages enneigés de Laponie, en route pour Enontekiö

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