Chiens de traîneaux en Laponie et balade à Kautokeino, la capitale Same

Voici le récit du cinquième jour de notre voyage en Laponie Finlandaise. Retrouvez les autres jours ici.

Mercredi 11 Février 2015 – Jour 5

Hélo

Pas de grasse mat ce matin, on a rendez-vous à 10h30 à Hetta Huskies pour un safari chiens de traîneaux !

Il y a des rennes qui se promènent tranquillement de l’autre côté de la route dans la forêt… la Finlande.

Nous sommes accueillis par une française qui y travaille pour la saison. On attend un groupe de français qui sont en retard, ils arrivent de Norvège et n’ont pas percuté qu’il y avait un changement d’heure entre les deux pays. La directrice d’Hetta Huskies nous demande si ça ne nous dérange pas de patienter en rigolant à propos de la ponctualité sans faille des Allemands et des retards constants des Français héhé !

Les autres français étant finalement encore top loin, nous allons commencer la visite de la ferme sans eux. On emmène deux chiennes en promenade. Elles sont « retraitées » et ne courent plus il me semble, mais sont ravies d’aller se promener !

Quelle puissance ! Je me littéralement tracter par celle que je promène. Notre guide nous le confirme : ces chiens sont faits pour tirer. C’est dans leurs gênes.

On rejoint la ferme où on découvre tous les chiens et leurs niches. C’est impressionnant !

Husky Laponie Finlande

La guide nous parle des différentes races de chiens, on fait le tour des niches. Les chiens sont joueurs et nous sautent dessus.

Avec toutes les explications qu’on reçoit, on en apprend plus sur le fonctionnement de la ferme. Chaque chien a bien entendu sa personnalité, ses capacités physiques et intellectuelles. Tout cela fait que sur un attelage il occupera une position plutôt qu’une autre. Les plus intelligents devant, les muscles derrière, pour faire court 😉

Il faut ensuite composer avec les affinités des toutous entre eux : tous ne s’entendent pas ! Comme avec les humains. C’est donc un savant mélange de composer un bon attelage, et cela implique une connaissance parfaite de chacun des chiens.

Niveau statistiques, le chien qui a le plus couru l’an dernier a parcouru plus de 3000 kilomètres. Les chiens qui courent autant sont ceux qui partent pour de longues courses de plusieurs semaines. Ce sont d’ailleurs les meilleurs chiens. Pour les circuits plus courts, des chiens moins puissants sont suffisants.

En parlant de ça : notre attelage est presque prêt ! La guide nous donne les explications pour le pilotage.

Comme on ne va pas bien loin, pas besoin de trop de consignes.

Ce qu’on doit retenir : à l’arrêt toujours avoir les deux pieds sur le frein, bien s’accrocher avec les deux mains au traîneau tout le temps, freiner un peu en descente pour que le traîneau n’aille pas percuter les chiens s’il prend trop de vitesse (si on voit que la corde se détend), se pencher dans le sens du virage pour accompagner le traîneau, aider les chiens en poussant avec les pieds dans les montées, notamment si on voit qu’ils se tournent vers nous : c’est qu’ils ont besoin d’aide. S’ils s’arrêtent : pour repartir dire les noms des leaders et « let’s go » (Save et Samu pour nous aujourd’hui). Pas bien compliqué !

Les autres français n’étant toujours pas là, on va avoir un safari solo ! Cool ! Si vous nous lisez, merci pour votre retard 🙂

Nous allons être accompagnés par un guide anglais. Il nous suit à motoneige en cas de soucis et indique également la direction à prendre aux chiens aux intersections sur le parcours.

On a de la chance car il fait doux (-5°C) et beau !

Je m’installe dans le traîneau, JB se met en position sur les patins, les chiens sont surexcités, ils savent qu’ils vont courir, ils ont hâte !

Le guide détache la corde du poteau et… C’est parti !

Safari husky Laponie Finlande

Il y a un peu de vitesse au début, mais ça se calme vite pour atteindre une vitesse de croisière de 10 km/h.

Je suis bien installée sur une peau de renne et sous une couverture. JB pilote et je me laisse porter.

On fait le tour « Frozen Lakes » qui fait 12 kilomètres et nous permet de traverser plusieurs lacs gelés et un peu de forêt.

Lac gelé Laponie Finlande

C’est magnifique, et la lumière est rasante comme toujours, rosée/violette. C’est bien qu’on aille pas trop vite, on a le temps de profiter des paysages.

Safari husky Laponie Finlande

Je n’ai plus aucune angoisse quant au fait que le traîneau puisse se renverser. Les chiens savent ce qu’ils font.

Un dernier lac et on arrive au mokki, une cabane en bois dans la forêt, pour faire une pause et se réchauffer. Le temps a passé vite !

Mokki Laponie Finlande

Une bonne odeur de feu de bois nous accueille et on savoure un thé bien chaud dans une kuksa et quelques biscuits.

On fait plus ample connaissance avec notre guide qui est très sympa. Puis vient l’heure de repartir. On inverse les rôles pour le retour : JB dans le traîneau et moi aux commandes !

Un peu d’appréhension au moment où l’attelage est libéré, et en fait ça se fait tout seul, nickel !

J’ai l’impression de profiter encore plus du paysage à cette position. Je surplombe beaucoup plus, c’est génial !

La lumière a changé, je suis contente d’avoir été dans le traîneau au début pour les photos.

Un des chiens de tête perd une de ses chaussettes, et truc de fou, des chiens de l’arrière la récupère en vol ! Bravo ! On est bluffés.

On croise d’autres attelages et on leur laisse un de nos chiens car l’un des leurs s’est blessé. Notre guide le prendra avec lui sur la motoneige pour rentrer à la ferme et nous finirons à cinq chiens.

Aucune idée du temps qu’aura pris le parcours si ce n’est qu’au retour on prend des raccourcis, on ne traverse pas autant de lacs.

Le temps commence à bien se couvrir et il se met à neiger lorsqu’on franchit le portail de la ferme.

On profite une dernière fois des chiens. JB se fait un copain : l’un des chiens ne le lâche plus héhé ! Dernier petit coucou aux chiots puis on décide de rentrer. On a passé une super matinée, c’est vraiment à faire !

Retrouvez d’autres détails sur notre expérience dans notre article dédié ici.

Retour à la maison pour déjeuner tranquillement et se poser.

En milieu d’après-midi on repart pour Kautokeino, en Norvège, à 80 kilomètres d’ici. Kautokeino est la capitale Same, c’est ici que se trouve le Parlement Sami.

Très vite on comprend qu’on monte bien au Nord. La route est très glacée, les abords sont de plus en plus enneigés.

Laponie Finlande

Laponie Finlande

Plus on approche de la frontière et plus les conditions deviennent dantesques !

La lumière est d’un bleu glacial.

Laponie Finlande

Petite émotion en passant la frontière, la Norvège m’est toujours aussi chère.

Laponie Norvège

Le relief change petit à petit.

Dans les paysages en plaine, le vent projette de la neige sur la route. Comme plein de fils de neige. Le tout sur une route verglacée qui disparaît sous ces bourrasques de neige au ras du sol, c’est impressionnant et magnifique (mais ça met la pression au pilote) ! Pauvre JB, c’est pas de la tarte cette route…

Route Laponie Norvège

Route Laponie Norvège

En tant que passagère en tous cas je prends mon pied : les paysages traversés sont magnifiques… Ahhhhh la Norvège…

On arrive juste avant la tombée de la nuit et on se gare au Parlement Same où se trouve aussi un musée. Pas de bol, c’est fermé : il est 16h30, et ça ferme à 16h. On est un peu des boulets (on n’avait pas vérifié les horaires avant de partir).

Musée Same Kautokeino Norvège

On fait quand même un petit tour. Ce qui est exotique pour nous en Laponie c’est que tout est vraiment aménagé pour l’hiver. J’entends par là prises pour brancher les voitures sur les parkings, pistes de ski de fond sur les trottoirs, sur les lacs gelés et les pistes de motoneige partout.

Au bord de la route, on voit donc des panneaux avec une motoneige, qui indiquent la piste. Ça leur permet de couper à travers forêts, lacs, etc. en hiver, c’est génial !

Piste motoneige Kautokeino Norvège Laponie

Ici on trouve accolées à de nombreuses maisons des tentes Sames et des kotas. On a en aura vu beaucoup plus à Kautokeino qu’ailleurs.

Kautokeino Laponie Norvège

Pas grand chose d’autre à faire et ça pèle sévère. On rentre à la voiture et on réalise que comme les français de ce matin, on a zappé qu’on avait changé d’heure en passant en Norvège ! Il était donc 15h30 quand on a tenté d’aller au musée Same qui fermait à 16h. Mais les portes étaient vraiment fermées… On s’y perd.

On passe voir la belle église de bois rouge de la ville et son petit cimetière à l’ambiance particulière. Les stèles et croix sont ensevelies sous une neige vierge, c’est poétique.

Kautokeino Laponie Norvège

Avant de reprendre la route on fait un dernier arrêt au Rema 1000 pour acheter quelques gourmandises norvégiennes. Un Rema 1000 Sami avec une structure de tente sur le toit !

Supermarché Laponie Norvège

A peine franchie l’entrée du supermarché que je me sens chez moi. Je retrouve ces rayons familiers. On achète du fromage en tube, du kaviar, du brunost, des pâtisseries et quelques bières norvégiennes hors de prix.

Oui, on habite en Finlande mais on vient s’approvisionner en Norvège où tout coûte plus cher ! On est logiques haha ! Mais la Norvège nous manque, alors comme ça on en ramène un peu avec nous.

La route du retour se passe bien malgré la nuit noire. Ce n’est peut-être pas très déneigé côte Norvégien mais c’est bien éclairé. C’est tout l’inverse côté Finlandais, le contraste est amusant.

Route Laponie Finlande

De retour à la maison après 1h30 de route. On dîner rapide.

Le ciel est dégagé, on espère voir une aurore boréale ce soir.

On tente une sortie lorsque les chiffres de l’activité solaire augmentent et on rejoint notre parking de l’autre soir mais rien.

Laponie Finlande

On attend un peu puis on décide de rentrer à la maison voir où ça en est plutôt que d’attendre des heures dans la voiture pour rien.

On a bien fait : l’activité solaire est nulle pour les heures à venir. Et comme on est crevés, ça nous arrange pas mal. Soirée tranquille et dodo !

JB

Allez gros programme aujourd’hui !

On avale vite son café (qui est bien corsé vu la nuit passée), son verre de vitii et ses tartines de pain noir.

Rendez-vous à 10h30 pour un mini husky safari… qui vous est relaté ici (oui évitons de nous répéter).

Safari husky Laponie Finlande

Allez, prochaine étape de la journée, une virée vers Kautokeino, en Norvège, à quelques 80 kilomètres de là, on picore quelques tartines et zou !

Enfin, un « zou » pas si enthousiaste, parce-qu’au final quand on part… il est déjà presque 16h, soit à peu près la même heure que la dernière fois, donc exit le soleil resplendissant, l’obscurité n’est certes pas encore totale, mais ça ne va pas tarder.

Kautokeino Laponie Finlande

Les kilomètres en terre finlandaise défilent sans accroc, mais passé un poste frontière désertique, changement radical, apparemment on ne débarque pas en Norvège, mais dans le Mordor.

Frontière Finlande Norvège Laponie

Frontière Finlande Norvège Laponie

Progressivement le paysage mute, la végétation se raréfie, la plaine blanche se fait de plus en plus rase, le marquage au sol plus discret, le givre sur la route plus présent.

C’est d’ailleurs un peu holiday on ice, niveau adhérence et ça me fait moyen marrer.

En outre, subitement, un vent glacial se lève, et vient projeter de la poussière de glace sur la route. Alors, j’avoue, l’effet visuel est saisissant.

Route Laponie Norvège

Saisissant mais carrément pas rassurant : malgré les pneus neige, je sens qu’à la moindre brusquerie la voiture va chasser dans le fossé.

Alors on minimise le risque en prenant des allures de tracteur sur départementale.

Et finalement, à force de patience, on gagne la « métropole same ».

Il fait quasiment nuit. Et je me demande si, en same, Kautokeino n’est pas plutôt synonyme de « trou gelé ».

Kautokeino Norvège Laponie

Kautokeino Norvège Laponie

Alors certes architecturalement parlant faut pas s’attendre à grand-chose, les samis ne sont pas des fans de l’urbanisation, on ne peut pas leur en vouloir au vu de leurs traditions nomades. Et comme en plus toutes les villes du coin ont été rasées pendant la seconde guerre mondiale (remember Alta)…

Mais la ville ressemble grosso modo à une banlieue pavillonnaire un peu désordonnée, dont ressortent trois éléments significatifs :

  • Une église en bois peint

  • Des espèces de yourtes qui sont en fait des chambres d’hôtes

  • Enfin, le bâtiment moderne qui abrite l’université, le parlement same et un musée

Eglise Kautokeino Laponie Norvège

Kautokeino Laponie Norvège

Musée qu’on entreprend d’aller visiter, mais, héhé, non coco, il est 16h30 et comme tout bon musée du coin il ferme à…16h00.

Pourtant une révélation s’offre à nous… Nous avons changé d’heure en passant la frontière norvégienne, il est en fait 15h30. Nom de Zeus, Marty, nous sommes de retour dans le passé, et on va pouvoir visiter ce satané musée !

Eh bien, non, il est quand même fermé, et on ne saura pas pourquoi du coup.

Donc, après avoir arpenté la rue principale, qui est en fait la route nationale, fait le tour de l’église (fermée aussi), on constate que c’est la méga ambiance ici, et on part visiter le dernier endroit qui le mérite, et qui, lui, est ouvert : le supermarché Rema 1000.

AAArrhh je vais pouvoir assouvir mes velléités de junk food, à moi le kaviar et le fromage en tube, aux saveurs improbables (ici saveur poulet barbecue, absolument forbidden experience, et assez dégueulasse).

Nourriture norvégienne

Hélo, elle prend quelques une des bières que nous connaissons. A prix d’or.

Les Norvégiens ont coutume de faire le plein d’alcool en Finlande, pays bien moins coûteux, mais deux touristes viennent braver les lois de la logique, et faire l’inverse : nous.

Attitude tellement louche que les douaniers seraient capables de nous arrêter, tiens… interrogatoire corsé sur vos motivations messieurs dames…

On prend le chemin du retour, et une solution radicale s’impose pour affronter la route hostile à venir : mettre un disque de Monster Magnet.

Ce qui me permet d’acquérir temporairement les supers pouvoirs du conducteur sans peur.

Et effectivement le trajet se passe nettement mieux, même si on n’y voit goutte, changement d’heure ou pas, le soleil s’en cogne, il est déjà couché.

A la frontière on prend quelques photos, mais on ne s’attarde pas trop (cf. les raisons exposées plus haut, au cas, toutefois assez improbable, où un douanier zélé entreprendrait de quitter son siège douillet pour se farder du -30° et venir nous contrôler).

Frontière Finlande Norvège Laponie

Ensuite on se pose à la maison, activité solaire nulle, je vais pouvoir entreprendre la préparation de mon sauté de renne, accompagné de sa purée de rutabaga. C’est bon, la viande est un peu forte, mais rien de désagréable.

Viande de renne Laponie

Puis cocooning, lecture, dodo.

Jour précédent : La Laponie et ses paysages d’hiver féeriques…

Jour suivant : Jour blanc et dernières aurores boréales

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