Au cœur des paysages enneigés de Laponie, en route pour Enontekiö

Voici le récit du deuxième jour de notre voyage en Laponie Finlandaise. Retrouvez les autres jours ici.

Dimanche 8 février 2015 – Jour 2

Hélo

Le réveil a beau sonner à 9h, c’est dur d’émerger.

Levi Laponie Finlande

Pourtant on est super impatients de quitter Levi et de filer sur les routes de Laponie, le long du Parc National Pallas Yllästunturi.

A 11h on rend la clé de notre chalet et on va faire le plein de courses au S-Market de Levi.

On se rend compte qu’on est en Laponie quand on voit un monsieur faire le plein d’essence à la station service pour sa motoneige, et repartir ensuite avec sur la route 🙂 C’est super décalé pour nous !

Motoneige Levi Laponie Finlande

Allez, c’est parti, on quitte cette station de ski pour s’enfuir dans la nature.

Très vite, on se retrouve au milieu de nulle part, sur une route blanche bordée de sapins recouverts de neige. Le ciel est d’un bleu éclatant, c’est superbe !

Route Laponie Finlande

Route Laponie Finlande

On ne se lasse pas des paysages qu’on traverse. Quelques arrêts photos en route et on prend aussi le temps d’admirer cette nature si belle sous son manteau d’hiver.

Laponie Finlande

Route Laponie Finlande

Deux heures et demie après avoir quitté Levi, nous voici arrivés à Hetta (Enontekiö), où nous allons passer cinq jours. On trouve tout de suite Ounasloma, l’endroit où nous avons loué un chalet.

Sur un chemin de neige on découvre les différents cottages et la jolie déco extérieure. Tout a été pensé dans les moindres détails (jolies guirlandes lumineuses dans les arbres, etc.). On atteint notre chalet tout au fond, le numéro 8. On se sent déjà bien ici !

Chalet Laponie Finlande

On grignote pour le déjeuner et on s’installe. Il fait -20°C.

Température Laponie Finlande

La nuit commence à tomber lorsqu’on part se balader un peu sur le domaine. JB remarque un panneau qui indique la plage, on suit la piste de motoneige et nous voilà en une dizaine de minutes sur un lac gelé à admirer le soleil couchant.

Lac gelé Laponie Finlande

Hetta Laponie FinlandeHetta Laponie Finlande

A peine arrivés qu’on en prend déjà plein la vue !

Retour au cottage. On allume le sauna et c’est parti pour la détente ! La température est tombée à -27°C pendant notre promenade. Qu’est-ce que le sauna fait du bien…

Sauna Laponie Finlande

On dîne et je commence à surveiller de près météo et activité solaire.

On se prépare à sortir et au même moment on reçoit un sms de Matti, d’Ounasloma qui nous prévient qu’il y a une aurore boréale ! Sympa ! Chic, chic, chic !

On sort à pied pour essayer de la voir depuis le domaine, on l’aperçoit mais la cime des arbres nous gêne pour voir.

On décide de prendre la voiture et d’aller sur la colline Paljasselkä pour dominer un peu et mieux la voir.

Mais le temps de rejoindre le sommet et de trouver un endroit où se garer qui ne soit pas déjà pris, les nuages sont arrivés.

On ne verra pas grand chose et j’ai un souci de mise au point sur mon objectif, grrr !

Aurore boréale Laponie Finlande

Je râle, je râle, pauvre JB…

Sinon, je découvre que je suis capable de faire pipi dans le noir le plus total par -27°C ! 😀

Retour au cottage où nous sommes coincés à l’extérieur, notre clé ne fonctionnant plus ! Matti nous rejoint et finit par débloquer la serrure, son père nous amènera un double fonctionnel demain matin.

Au dodo, on est morts ce soir. On croise les doigts pour demain soir pour les aurores…

JB

Le vent a fait claquer les volets tout la nuit, j’ai pas méga bien dormi. Donc piano piano ce matin.

On range tranquillement l’appart avant de mettre les bouts.

Levi Laponie Finlande

Le village s’active déjà, les vacanciers, skis sur l’épaule, gagnent les pistes à pied, ou s’entassent dans des bus déjà blindés, au loin les remontées mécaniques ont entamé leur mouvement de va et vient incessant. Levi fourmille, et on veut se barrer au plus de vite de cet endroit aux antipodes de nos desiderata.

Voir les motoneiges faire le plein à la station-service, me fait quand même sourire, c’est complètement banal sous ces latitudes, mais un peu cocasse pour nous.

En attendant c’est le moment du ravitaillement, moment tant attendu pour tout obsédé de la nourriture qui se respecte. Dont moi.

Comme d’habitude mon excitation est légèrement démesurée, mais les inscriptions en finnois rendent le moindre produit mystérieux, et donc doublement désirable. Même un paquet de nouilles. Ou un rouleau de PQ (ah bon ça ne se mange pas, ça ?).

On remplit allègrement notre caddie, ne trouvons pas grand-chose niveau fruits et légumes, normal à cette saison et dans ce coin de la planète. Pas non plus de tarama sur-salé au point de friser l’hypertension à chaque goulée ou de fromage en tube, pourtant stars des étals en Suède et en Norvège.

Les présomptions d’uniformité quant à la diète nordique (et non scandinave, vu que la Finlande n’en fait pas partie) en prennent un coup : les finlandais sont largement moins portés sur la junk food que leurs voisins.

D’ailleurs, d’après un article consulté dans le journal de Finnair, ils se veulent même champions mondiaux de la vie (et donc de la bouffe) saine.

On tache de prendre un max de produits spécifiques locaux, pas de leipäjuusto pour cause d’overdose récente, mais du viili (yaourt fermenté), et du piima (sorte de babeurre).

L’ampleur du rayon des produits laitiers est toujours aussi impressionnante. En même temps les Finlandais en sont parmi les plus gros consommateurs de la planète (ce qui fera relativiser pour certains le titre de champions cité plus haut).

Vont également garnir notre caddie un pot de confiture de baies jaunes (incontournable), du pain noir, je me retiens en revanche sur la viande de renne parce que c’est quand même putain de cher, et uniquement en conditionnement « familial », or Hélo n’en mange pas.

Enfin on fait cargaison de bières locales : Lapinkulta (la kro locale), mais aussi Karhu et Keisari (bien meilleure).

Produits finlandais

Allez, j’arrête de parler de bouffe, et dieu sait que ça me coûte.

Il est temps de se mettre en route vers le village d’Hetta, dans la commune d’Enontekiö, notre lieu de villégiature, à environ 130km.

Par énorme comme distance, mais vu les limitations de vitesse, et le fait que je ne suis pas coutumier du trophée Andros, on ne risque pas d’y être tout de suite.

La route est telle qu’on l’attend : glacée et enneigée. Malgré les pneus neige je ne suis pas méga rassuré les premiers kilomètres, mais les réflexes s’adaptent vite.

Pneus Laponie Finlande

Route Laponie Finlande

Le paysage est en tout cas majestueux, un blanc quasi uniforme où les arbres ont revêtu de grandes doudounes cotonneuses. Bien qu’on soit en début d’après-midi la lumière est déjà basse, c’est un peu déroutant.

Route Laponie Finlande

En bord de route de nombreuses alcôves sont présentes pour s’arrêter à loisir, et comme le trafic n’est pas intense, on en profite un max. Les photos n’en seront que plus nombreuses.

Laponie Finlande

On s’accorde une pause au village de Särkijärvi pour faire quelques pas sur le lac gelé et y admirer des montgolfières se mouvant placidement au loin.

Lac gelé Laponie Finlande

Enontekiö Laponie Finlande

Vers 14h30, on passe le panneau de la commune d’Hetta, une heure et demie avant que la nuit ne tombe.

Notre mökki (cabane) nous attend au fond d’un petit lotissement de 13 lots, parsemé de de sapins.

Les clés sont sur la porte et la prise à voiture sur le perron.

En contraste avec la rudesse du climat hivernal, dans ces terres septentrionales, on ne badine pas avec le confort de l’intérieur, lequel se doit d’être un havre douillet et chaud.

Et pour le laisser vierge de la moindre trace de froid, tout est pensé : des brosses fixées au sol du porche pour enlever la neige de ses chaussures, des étagères de séchage dans le vestibule pour y entreposer les souliers humides, et des trous dans le plancher pour évacuer la glace fondue qui s’en écoule. Ingénieux.

Entrée Ounasloma Laponie Finlande

On décharge les affaires, et apprécions la perfection de l’agencement : sauna à côté de l’entrée, vaste pièce à vivre avec cuisine ouverte, un salon cloisonné pouvant servir de chambre d’appoint, et à l’étage-mezzanine trois lits posés à même le sol.

Cosy et pragmatique. Nordique.

Ounasloma Laponie FinlandeOunasloma Laponie Finlande

Déjeuner sur le pouce, on termine notre bouffe lyophilisée, puis partons mettre le nez dehors, rajoutant pour l’occasion une couche supplémentaire de vêtements.

Puis balade dans le lotissement, où, au pied des sapins on ne trouve pas de paquets, mais des chariots et trottinettes montés sur patins, en libre-service, ce qui est sympa aussi. On testera ça plus tard.

Kicksleds Laponie Finlande

Des motoneiges stationnent, on croise d’ailleurs bientôt une piste qui leur est dédiée (enfin pas complètement, sinon on ne pourrait pas l’emprunter) qui nous mène au bord du lac Ounasjärvi.

Piste motoneige Laponie Finlande

Grande étendue blanche dégagée, sur laquelle se dessinent les traces des engins, personnes et bestiaux qui sont passés par là. A notre grand soulagement, manifestement aucun ours ou loup ne sont dans le coin.

Je crois que c’est la première fois que je marche sur un lac glacé, et je ne suis pas très rassuré à l’idée de poser le pied dessus, même si la glace est solide.

Enontekiö Laponie Finlande

Et histoire de bien troller, la neige est super piégeuse, on s’enfonce parfois d’un bon demi mètre, voire d’un mètre. Et je peux te dire, dans ces conditions, qu’avant de sentir le contact rassurant de la glace ferme, le quart de seconde qui s’écoule est suffisant pour bien flipper.

En tout cas ça permet de nous rendre compte que niveau isolation, nos chaussures ne sont pas tip top en fait… Ça promet.

Retour à la maison, après un détour par, d’après notre guide, le petit « centre commercial » (une minuscule échoppe pour les courses d’appoint) et sa « halle » (une construction en bois qui doit péniblement abriter deux roulottes) juste de l’autre côté de la route.

Hetta Enontekiö Laponie Finlande

Le thermomètre affiche déjà –30°.

On commence à se préparer pour la chasse aux aurores. Et justement la réception nous envoie un sms à ce moment-là (sympa, d’autant qu’on les a pas encore croisés) « Northern lights now ! ».

Instant panique : on fait quoi ?

Après quelques hésitations on se rue dans la voiture et fonçons vers le sommet du mont Paljasselkä tout proche. On avait repéré le spot au préalable.

Une route sombre, serpentueuse et un peu glissante nous fait prendre de la hauteur avant de déboucher, au bout de quelques kilomètres sur une impasse, un portail gardant l’accès à une zone militaire.

Là on se pose, on attend, mais le temps est couvert, derrière la couche de nuages quelques lumières cherchent à percer, mais ça en reste là.

Et on se caille.

Du coup redescente, on bifurque un peu plus à l’est sur quelques kilomètres mais rien à voir, si ce n’est des rennes qui se promènent tranquillement sur le bord de la route.

Il faut se rendre à l’évidence, pour ce soir cela semble cuit. Tant pis, au moins on passera la soirée au chaud.

Seulement voilà, cerise sur la bûche glacée en retournant au chalet : impossible d’ouvrir la porte, la clé bloque désespérément dans la serrure… On a l’air fin à se les geler enfermés dehors, mais on ne va pas péter encore plus l’ambiance en défonçant la porte, non ? Appelons la réception.

Il est 21h00 passé, on craint un peu, mais ça répond, on nous envoie quelqu’un, et en deix minutes débarque Matti, notre sauveur, lampe frontale sur le front, équipement tout terrain et boite à outil sous le bras. L’homme de la situation.

Il constate que la serrure merde, pulvérise du dégrippant, nous ouvre, et promet de gérer le souci demain. Efficace.

Au passage on évoque les activités pour lesquelles on fera appel à lui, et malheureusement, pour la pêche sous la glace j’apprends que c’est râpé, pas la saison mon cher.

Dépit.

Genre je pourrais rester à attendre que mon croupion devienne une composante de la couche gelée du lac avant d’espérer attraper quoi. Moi qui voulais me lancer dès demain…

Le dieu des eaux n’est décidément pas mon pote dans le nord de Europe.

On rentre dîner, menu réconfortant et roboratif, saucisses, purée et bières.

Jour précédent : Départ pour la Laponie Finlandaise

Jour suivant : A la recherche des aurores boréales

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